lac du reghaia

Caractéristiques écologiques:

La zone humide est un condensé de toutes les caractéristiques des milieux humides. Elle est composée d’un complexe d’écosystèmes spécifiques et complémentaires se succédant de la partie continentale à la mer. Le marais, milieu intermédiaire entre le pré et le lac, joue un rôle important pour contenir et régler les crues des oueds, ainsi que  pour préserver certaines espèces qui, comme les hérons et l’avocette (Recurvirostra avocetta) ou le canard colvert, ne peuvent nidifier ailleurs. Le caractère le plus manifeste de cet habitat est sa végétation qui forme des zones distinctes en cercles concent-riques. Les formations hautes les plus importantes sont à base de Thypha latifolia et Phragmites communis. Elles sont enrichies au printemps par des touffes de Scirpus lacustris. Le lac est un réservoir permanent d’eau douce d’une superficie de plus de 75 ha. A partir de la limite externe de la rive se succèdent une zone peuplée d’arbres hydrophiles (Salix alba, Populus alba, Eucalyptus camaldulensis), enfin les plantes qui vivent plus ou moins submergées comme la massette à Typha latifolia et le jonc à Juncus acutus. Entre la digue du lac et le cordon dunaire, le marais est colonisé par les groupements à Juncus avec la présence de Tamarix africana. Entre les dunes fixées et le lit de l’oued, se développe le groupement halophile à Plantago coronopus, où les dépôts blanchâtres de chlorure de sodium sont apparents.  Le cordon dunaire, barrière naturelle entre la mer et le marais dont les dunes sont stabilisées et recouvertes de groupements à  Pancratium maritimum, Lotus créticus, Ammophila arenaria, Chamaerops humilis.

et Altheae officinali. Le maquis forme une ceinture plus ou moins étroites autour du lac et permet une bonne protection pour l’avifaune, il est représenté par quelques vestiges de l’ancien maquis à Oleolentisque composé d’Olea europaea, Pistacia lentiscus, Crataegus monogyna,Rubus ulmifolius, Smilax aspera et Hedera helix. Dans un milieu si diversifié, les animaux sont évidemment très variés aussi, aussi bien herbivores que carnivores, et contribuent à former la chaîne alimentaire du marais. De nombreux insectes vivent dans le marais, libellules, moustiques, papillons etc. Le cycle alimentaire est bouclé par les bioréducteurs qui restituent les substances inorganiques aux producteurs primaires. Il s’agit de bactéries très actives ensevelies dans les limons.

Flore Remarquable: Le marais côtier de Réghaïa présente une richesse floristique non négligeable estimée à un minimum de 233 espèces végétales recensées, soit l’équivalent de 13% de la flore du Nord de l’Algérie. La distribution de cette flore est conditionnée par l’hydromorphie, et l’halomorphie du sol qui génère la stratification spatiale suivante. Les groupements hygrophiles liés à la présence de l’eau se développent en bandes vertes dans les zones marécageuses de l’aval, de l’amont et sur la rive Est du lac. Ils sont représentés par Phragmites communis, Typha latifolia, Scirpus lactustris, Iris pseudacorus. Cette végétation sert de refuge aux oiseaux, dans la zone de transition située entre le lac et le cordon dunaire subsistent les vestiges du marais lagunaire se composant de phragmitaie Phragmites communis mélée de Tamarix africana et de massette à Typha latifolia envahis par un groupement halophile à Plantago coronopus. Les terrains en pente entourant le lac sont occupés par un important maquis, quelques bosquets d’Eucalyptus camaldulensis, et de friches. Le cortège floristique de ce maquis est composé principalement de Pistacia lentiscus et Olea europaea ainsi que Hedera helix, Smilax aspera, Asparagus acutifolius. Le lac de Réghaïa reste dans la région le seul témoin des divers caractères biogéographiques des zones humides. Les espèces méditerranéennes restent les plus abondantes avec environ 50 % des espèces recensées en raison de la stabilité du climat de type méditerranéen. Les espèces européennes ne représentent que 14 % des plantes, observées, alors que les cosmopolites occupent 12 %. Enfin, il est à signaler la présence de 03 espèces endémiques à l’Afrique du Nord: Arenaria cerastioides, Cyclamen africanum et Scilla lingulata et également la présence d’une espèce rare au niveau du littoral : Abutilon theophrasti. L’écran végétal constitué par le maquis et la roselière assure une protection de l’avifaune contre les vents, les prédateurs terrestres et les perturbations liées essentiellement à l’homme et à son bétail. Il augmente même les chances de nidification pour les oiseaux. Ainsi, la protection de cet écran est une condition nécessaire pour une bonne préservation du milieu et des espèces qu’il abrite. 

Faune Remarquable: Malgré sa taille réduite, le lac de Réghaïa a révélé une richesse et une diversité insoupçonnées non seulement en oiseaux migrateurs et en hivernants mais aussi en nicheurs rares. La zone humide héberge plus de 203 espèces d’oiseaux dont 82 espèces d’oiseaux d’eau parmi les quels 04 espèces sont rares et protégées par la législation internationale: Aythya nyroca, Marmaronetta angustirostris, Pophrio orphyrio, Oxyura leucocephala et 55 espèces sont protégées par la réglementation algérienne. Il s’agit notamment de, Podiceps cristatatus, Plegadis falcinellus, latalea leucorodia, Phoenicopterus ruber, Recurvirostra avocetta, Larus cachinnans, Circeus aeruginosus, falco timmunculus, Columba livia etc. Une colonie de Goeland leucophée (Larus cachinnans) est établie durant toute l’année sur l’Ile Agueli. La Sterne naine (Sterna albifrons), par contre a manifesté des veillîtés de nidification sur la dune où elle est dissuadée par les dérangements trop fréquents. Au niveau du maquis, des espèces de mammifères, de reptiles et d’amphibiens sont notés. Il s’agit notamment du Chacal (Canis aureus), de la Genette (Genetta genetta), de la Mangouste (Herpestes ichneumon), du Sanglier (Sus scorfa), du Rat rayé (Lem-niscomys barbarus) du Lièvre brun (Lepus capensis), de l’Hérisson d’Algérie (Erinaceus algirus), du Porc épic (Hystris cristata), du Renard (Rueppelli vulpes), de laTortue clemmyde (Clemmys leprosa), de la tarente de mauritanie (Gecko sp), du Lézard vert (Lacerta viridis), de la Couleuvre fer à cheval (Colubra sp), de la Couleuvre à collier (Natrix natrix), et du Caméléon commun (Chamaelo vulgaris). Ainsi, la position géoqraphique de Réghaïa, à mi chemin des zones humides de l’oranie et d’El kala et face à la camargue, offre un réel intérêt comparatif dans le contexte de la connaissance des migrations et de l’hivernage dans l’Ouest méditerranéen. 


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